lundi 15 janvier 2018

Alyssa et Dolores


Aujourd'hui j'ai regardé The End Of The Fucking World.
Aujourd'hui j'ai dansé dans mon salon.
Aujourd'hui j'ai vu un homme promener son chien avec un enthousiasme sans équivalent.
Aujourd'hui j'ai écouté la même chanson en boucle 17 fois.

Aujourd'hui est un bon jour. Nique toi "blue monday".

J'ai embrassé cette sensation de liberté de ne pas avoir d'impératif, de ne pas avoir de plan.
C'est peut-être ça l'essence de la vie; faire ce que l'on veut, sans attache, sans finalité prévue en faisant fi de l'ambiant social.

Décidément, je ne comprendrais jamais les gens qui se plaignent de leur travail et qui s'y enterrent.



mardi 26 décembre 2017

Igor Dubrovsky



Si j'ai toujours considéré les voyages comme une façon d'aller découvrir une nouvelle facette du monde, des cultures et des sociétés différentes, de la gastronomie, de la politique et de la philosophie, j'ai récemment découvert que voyager était une façon de partir à la rencontre de soi. Car on est jamais plus seul avec soi même que confronté à l'inconnu. C'est alors que l'on se tourne vers sa faculté d'adaptation, que l'on se confronte à son aisance sociale, que l'on se livre à sa confiance en soi. Quand le billet d'avion se transforme en invitation à l'introspection, l'allégorie de la caverne n'a plus rien d'une phrase que l'on cite au bac de philo en espérant décrocher la moyenne. J'ai découvert tout cela lors de mon premier voyage seul en Écosse, il y a de cela un an et quelques semaines.
Il y a deux mois, j'étais au Mexique avec mon frère. C'était la première fois depuis l'âge de 11 ans que je remettais les pieds dans un pays qui n'appartenait pas au vieux continent. Quelle allégresse, quelle stupéfaction ! J'y ai découvert de nouvelles façons de penser les rapports humains, sociaux, le rapport au travail, à la religion, au mysticisme, à la vie, à la mort. Il serait juste de dire que celui que j'étais a laissé une part de lui là bas et que j'en suis revenu grandi, avec une nouvelle vision de la vie en générale. Je pourrais entrer dans un monologue interminable pour décrire ce que j'y ai vu et ce que j'y ai vécu, mais cela se trouve déjà sur un cahier de voyage que j'ai rempli à mon retour; de plus cela fait parti de ces choses qui ne se racontent pas mais qui se vivent.
Avant de partir je me suis toujours dis que le jour où je trouverais la fille à côté de qui je voudrais me réveiller tous les jours, nous partirions faire le tour du monde, ou bien que je partirais seul un jour ... un jour ... Sauf que je ne rattachais rien derrière ces mots. C'était des paroles pleines d'espoirs avec peu de concrétisation derrière. A mon retour l'évidence m'a frappée. Je suis fait pour voyager. Moi qui n'ai jamais su dire d'où je venais dû aux nombreux déménagements que j'ai vécu étant petit. Je me suis attardé il y a deux jours sur une phrase de Saul Williams dans le morceau "Sea Lion" de Sage Francis où il dit "I've planted seeds and plan to watch them grow" ... en 2017, sommes-nous aussi sédentaires que l'étaient nos ancêtres ? La réponse est négative pour ma part. Je ne me vois pas planter des graines, attendre qu'elles poussent à un endroit donné, établir un empire sur des bases géographiques immuables. Comme le fait comprendre le film Big Fish; à chaque poisson sa marre, sa rivière, son fleuve, son océan; plus le poisson grandit, plus il doit changer d'environnement. Je trouve que c'est une belle métaphore pour le développement personnel... enfin du moins pour le mien. Je conçois bien entendu que certains n'aient nullement le goût du voyage, de l'inconnu et du différent.

Je n'ai jamais aimé faire ce qui avait déjà été fait, refaire plusieurs fois la même chose ou tomber dans une routine. Il a toujours fallut que j'aille voir ailleurs, que je casse la routine à un moment donné, que j'étouffe la quiétude routinière de la vie sous l'oreiller de l'inconnu, de l'incongru, du différent. Cela m'aide à mieux dormir.

Alors oui la voilà l'apologie du marginalisme. Oui. Gardons le symbolique mais faisons fi du traditionalisme. Soyons nous-mêmes, les chemins les plus fréquentés ont déjà été piétinés, alors à quoi bon ? N'est-ce pas plus agréable d'entendre la neige croustiller sous ses pas dans un sentier vierge, que d'entendre le "flic floc" d'une neige devenue eau dans un sentier trop emprunté, trop normatif !?





En cette période de fin d'année, je resterai fidèle à moi même en ne souhaitant pas un joyeux noël (l'absence de majuscule est volontaire) et une bonne année. NON une année ne sera jamais entièrement bonne. Nous sommes responsables de nos réalités subjectives. Nous sommes les peintres et la toile, les sculpteurs et le marbre, les écrivains et la plume. Une année ne sera que ce que l'on en fait, à l'instar de nos vies.

Au Mexique j'ai pu être témoin, durant El Dia De Los Muertos, de la célébration de la vie plutôt que de la déploration de la perte des défunts. C'est une philosophie très lointaine de nos mœurs latins où la mort est encore tabou. Pourtant là est vraiment l'essentiel; ne pleurons pas la perte, célébrons la vie. Ne m'offrez pas des fleurs à mon enterrement car je ne saurais qu'en faire ni les apprécier, faites le de mon vivant. N'attendons pas pour avoir des mots gentils à l'égard des personnes que l'on aime car il sera trop tard une fois l'addition payée. "L'âge d'or", "nos plus belles années", tout ça n'est qu'un ramassis de conneries; en cette époque où ce dont manque le plus l'Homme moderne; à savoir le temps; ne peut être acheté, il est crucial de le prendre pour faire de chaque instant, chaque période de vie, chaque époque, ce fameux "âge d'or"; car si l'on regarde en arrière en se disant que telle période était meilleure que celle que l'on vit actuellement, alors nous vivons dans le remord et le regret. Or notre ultime chambre n'a de place pour le matériel, les remords, les regrets et le regard des autres.

En cette fin de fête de noël 2017, j'espère que vous avez bien mangé, que vos proches vont bien et que vous avez pu partager des moments de vie ainsi que des rires. On s'en fout royalement des cadeaux, la richesse matérielle est obsolète. La richesse de la bouffe tient chaud au cœur. La richesse personnelle transcende les âges.
A l'aube de cette nouvelle révolution planétaire définie par un calendrier scientifiquement inexact, je souhaite à tout un chacun de prendre le temps, d'essayer de comprendre, de s'écouter, de se faire plaisir, de se sentir vivant, d'aimer et d'être aimé; et de se poser de temps en temps la question "qu'est-ce que je voudrais faire quand je serais plus grand ?" car dès lors que l'on cesse de grandir ou que l'on cesse de se projeter ainsi, l'on se refuse le plus beau et le plus unique cadeau que nous ayons; la découverte de nous même au fil du temps.

Je ne le répèterais jamais assez; SOYEZ LIBRES, HEUREUX et CURIEUX. Ne cessez jamais d'imaginer, de créer et de rêver; là réside toute l'essence de nous mêmes.


Je garde mon âme d'enfant, j'acquiers la confiance de l'adulte et j'apprends la sagesse du vieillard.

mercredi 16 août 2017

"L'estime du savoir" - Eddy Malou


      Ce soir je n'arrive pas à dormir, alors, comme tout le monde qui cherche le sommeil, je me mets à réfléchir à 1001 choses. C'est assez marrant quand on y pense, mais dormir est la seule activité (ou du moins la seule qui me vient en tête là maintenant) que l'on doit feindre avant de la faire réellement.
Alors oui je réfléchis à ça, je réfléchis à la mort (pas l'anticipation de la mort même, ni de son après, mais de l'instant t, des ressentis), je réfléchis à la préposition exacte que je dois utiliser après le verbe "réfléchir", je songe à la vie, je pense au macro-cosmique et au micro-cosmique et je me dis que l'unité de schéma fonctionnel est dans tout, je revois des tableaux de peintres et je me demande de quel(s) trouble(s) psychologique(s) ils sont atteints, je me perds à imaginer un monde où les couleurs sont inversées, je tourne en rond dans ma tête des pensées agréables, j'obsède sur la liste de tâches à réaliser demain, je m'interroge sur la liberté des choix, la part de conditionnement et le libre arbitre, ce qui m'amène à me demander si un jour je déménagerai. Bref je réfléchis un peu à tout et à rien. Mais pas tout à la fois... ni tout en un soir. Il faut bien que je m'occupe, maintenant que j'ai compris que la légende des monstres cachés sous le lit (ou dans le placard), signifie ceux qui sommeillent en nous et qui ne ressurgissent que dans les ténèbres métaphoriques de la vie. Du coup ça me permet de pouvoir dormir avec la jambe qui dépasse du drap ou de la couette sans aucun souci. Bon en même temps je dis ça, mais je ne me remets toujours pas de Max et Les Maximonstres.

Il y a un jeu que j'aime bien où l'on dit un mot et on répond un mot qui nous fait penser à celui qu'on vient d'entendre; jouons !

Bateau - mer - marin - Commandant Cousteau - rouge -  vin - vignes - soleil - astre - dinosaures - lézards - crocodile - réserve africaine - savane - Papy Brossard - goûter - école maternelle - institutrice - éducation - savoir - réflexion

Vous voyez tout ce raisonnement qui vient de se produire ? C'est génial ce phénomène d'association libre d'idées (au fait je ne sais plus si je te tutoies ou pas ... admettons que oui) incongrues aux extrêmes et qui ne se lient entre elles que par leurs voisins respectifs. Bon j'ai joué tout seul, mais observe comment "bateau" et "réflexion" n'appartiennent pas au même champs lexical, bien qu'étant liés de façon logique ici...

Alors pourquoi ? Pourquoi tout ça ? Ces quelques lignes où je me perds en apparence dans les turpitudes de mes pensées ?
Je repensais à la vidéo d'Eddy Malou qui m'avait bien fait rire lors des 327 premières fois où je l'ai vue. Je repensais surtout à cette phrase "l'estime du savoir" ... c'est profond ça ... l'estime (donc le fait d'estimer et d'accorder de la valeur morale) du savoir (et j'irais presque regrouper ici le savoir-être et le savoir faire). Quand j'étais au collège et au lycée, celui qui avait le savoir parmi mes pairs était surnommé "l'intello", "grosse tête", parfois même de "fayot" ou de "lèche-cul". Pour être "cool" il fallait faire parti d'une bande ou faire rire tout le monde en faisant l'idiot voire même en étant un peu rebelle provocateur.  Alors oui les hormones sexuelles qui se développent et qui poussent les garçons à faire les mariolles pour impressionner les filles, oui la recherche de soi, oui la transgression des règles, oui la construction d'un groupe social grâce à la mise à l'écart de personnes ne correspondant pas à certains critères.  Certes tout ça, mais je pose la question : à partir de quand est-il considéré comme "normal" de pointer du doigts ceux qui ont le savoir ? Soyons honnêtes, durant la période lycée, j'étais plutôt dans le groupe des pitres / rebelles / connards insolant, que les autres mais quand bien même. Je trouve ça triste de voir ceux qui ont un savoir moqués (et là je ne parle plus que du collège et du lycée). Comment croître en tant que civilisation quand ceux et ce qui nous permettrait de nous hisser un peu plus haut dans nos ascensions scientifiques / technologiques / humaines sont dénigrés ? Une civilisation feignante et refusant l'effort de compréhension est un fléau pour elle même. Je ne vais pas dresser un procès à toute personne me disant qu'il se peut qu'il y ait des gens qui n'ont pas tout le temps envie de réfléchir, d'apprendre, de comprendre ou plus communément "de se prendre la tête"; je trouve ça juste dommage de ne pas avoir la curiosité d'apprendre quelque chose de nouveau de temps à autres, de ne pas s'interroger et d’émettre des théories invraisemblables et loufoques sur le pourquoi du comment de telle ou telle chose, de ne pas chercher à comprendre comment marche ceci ou cela ou celui-ci ou celle-là ...
Je veux bien que le monde soit vaste et qu'il nous est impossible de tout connaître, mais est-ce que cette impossibilité de glaner toute la connaissance sur terre (faute de laps de temps suffisant dans l'espérance de vie humaine), ne rend pas les connaissances que l'on a à disponibilité et que l'on choisit d'acquérir, encore plus précieuses ?

Quand j'étais plus jeune on me disais souvent que je réfléchissais trop, que je me posais plein de questions inutiles et / ou bêtes. Faisons fi de la bienséance et de la politesse : "ça me faisait bien chier !". A quel moment est-ce que l'on réfléchit trop ? Est-ce un mauvais emploi de la langue pour dire "attention tu as tes angoisses et tes insécurités qui prennent le dessus sur ta logique" ? - (la question est posée, les réponses seront individuelles). Est-ce que cela veut dire que nous sommes exactement dans ce cas de figure actuel où l'on passe trop de temps sur quelque chose qui ne devrait pas en prendre autant ?



En tout cas malgré ce monologue soporifique, je n'ai toujours pas sommeil, et quoiqu'il arrive j'espère rester curieux et intéressé avec une âme d'enfant, dans un corps d'adulte gouverné par la sagesse d'un vieillard pendant encore longtemps. Na !

mardi 24 janvier 2017

J'ai mon histoire tatouée sur le corps, mes principes cousus sur ma veste, mes valeurs dans le coeur. Je suis ce que j'ai et j'ai ce que je suis.



    Cela fait déjà plus d'un an que cette page était dénuée d'activité. Un an à me demander si j'avais encore envie de partager des trivialités et des réflexions qui constituent ma vie. Un an où il s'est passé tellement de choses affectivement lourdes et chargées. J'ai passé une bonne partie de cette année en apnée, sans voir la surface, sans toucher le fond, sans voir. Perdu. Je me suis replié sur moi-même pour éviter de blesser et d'être blessé. J'ai fait des choix. J'ai grandi. J'ai appris le prix d'un sourire et le poids d'une larme. J'ai appris à me connaître, ou du moins à découvrir ce nouveau moi qui sommeillait tapis dans l'ombre de celui que je fût. J'ai du tester mes limites, redécouvrir mes passions, ce qui m'anime, ce qui fait que mon âme danse le soir quand tout le monde dort. J'ai appris à m'égarer du chemin pour aller déguster des mûres que personne n'était capable de voir.
A mes amis que j'ai perdu de vue, je suis désolé. La vie n'étant pas un long fleuve tranquille, ne m'en voulez pas si j'emprunte des cours d'eau différents des vôtres, si je suis des rigoles au lieu de suivre le courant principal, car c'est ce que je suis. Un annexé du principal, un marginal de la société, un libre pensant, rêveur, utopiste qui préfère l'inédit et le dérangeant au déjà-vu et politiquement correct.
   J'ai fêté mon anniversaire hier. C'est la première fois de ma vie où je ne vois pas ça comme un pas de moins me séparant de la mort. Cette course à la vie, je n'en fais plus parti; je n'ai plus peur de mourir, je n'ai plus peur de vivre. J'ai su apprécié à sa juste valeur le jour de mon anniversaire et les personnes avec qui j'étais. J'ai été touché des attentions portées à mon égard, que ce fut un sms, un appel, un message facebook, voire une bise à la volée dans la rue. J'ai été ému de constater tout ce que vous m'apportez. De toutes les expériences que j'ai pu vivre avec chaque personne que je connais. Je ne tire que du positif de tout ça, et je me considère bien comme l'Homme le plus chanceux sur cette planète de vous avoir croisé, d'avoir partagé avec vous, d'avoir échangé. Je me sens comme le plus riche des Hommes, et cette richesse de l'âme n'aura jamais de prix si ce n'est une valeur émotionnelle.
   Je suis assez fervent de cette analogie où la vie est comme une carte de restaurant; tout à l'air appétissant mais on ne peut tout choisir mais il faut pourtant manger. Certains goûteront un peu de tout, d'autres iront s'aventurer vers des plats qu'ils ne connaissent pas, d'autres à l'inverse, se contenteront du même plat choisit par leur parents et leur grand-parents avant eux. Certains regarderont le prix, alors que les plus épicuriens feront fi du prix et se délecteront même d'un verre de vin. Pour ma part, alors que j'eus par le passé de nombreux regrets quant aux plats que je ne choisissais pas après une longue hésitation, j'arrive maintenant à voir que le plat que j'ai choisit est celui qui me correspond le mieux et que l'hésitation, le doute et les regrets n'ont pas de place au sein de ce repas qui se révèle être des plus longs et paradoxalement court.

Quand on m'a demandé mon âge, j'ai répondu ce qui le paraît comme étant la description actuelle la plus adéquate : Suffisamment jeune pour me délecter des plaisirs de la vie, suffisamment sage pour comprendre les plaisirs simple, suffisamment âgé pour avoir l'expérience de la joie et de la douleur.

Alors joyeux anniversaire à moi-même, merci à ceux qui font celui que je suis. Je reste toujours émerveillé et coi de ce que la vie a à offrir

dimanche 3 janvier 2016

"Eh à l'année prochaine !"

L'année 2016,

Nous y voilà en plein dedans. Qu'on le veuille ou non, le système temporel inventé par l'homme, et ne régissant à aucune loi de la Nature, nous accapare dans ses turpitudes. Les couloirs du temps sont ouverts et, malgré leurs dédales, ne laissent aucune place au répit, au repos, au temps-mort.

Alors quoi ? Les cotillons, les serpentins, le champagne, le doliprane, et au milieu de tout ça on se souhaite la bonne année !? Cette fois-ci, je n'ai pas envie de souhaiter une "bonne" année. Une période de 365 jours ne peux être que bonne, seul le bilan global pourrait l'être, et encore... Non, une année entière ne sera pas bonne. Il y aura des hauts et des bas, des envolées et des chutes, des gains et des pertes. Seulement tout cela est nécessaire ! Il faut qu'il y ait du laid pour pouvoir apprécier le beau à sa juste valeur; il faut que résonne le bruit afin de pouvoir, par la suite, mieux appréhender le silence; il faut de la pluie pour chérir les doux rayons de soleil; il faut du sucré pour aller avec le salé; il faut des départs pour mieux se retrouver... il faut du yin dans le yang; du côté clair et du côté obscur; un mélange poivre-sel équilibré.

Alors dans tout ça, je ne vais pas souhaiter une bonne année non. Je n'ai pas envie de m'en remettre à la providence en espérant que cette année se passe bien. Je n'ai pas envie de souhaiter la bonne année de façon conventionnelle car je ne voudrais pas que l'on soit spectateur impuissant de l'année qui passe en se disant "de toute façon, c'est une année de merde" (comme si, la période de 365 jours révolus, le climat ambiant changeait en même temps que la conscience collective).

Je préfère souhaiter à tout un chacun de pouvoir trouver du positif dans les pires moments; de prendre cette année et les autres à venir avec beaucoup de philosophie et le plus de sagesse et de compassion possible.
Au final, cette année 2016, elle ne sera que ce que l'on décide.

Nous sommes les écrivains de nos vies, le sculpteur et la pierre, le peintre et la toile.

samedi 19 septembre 2015

Cet article est à lire en écoutant "Everyday - Carly Comando". On peut même le lire à voix haute avec cette chanson en fond... J'ai essayé, le timing est cool.


Je t'ai mis le lien, comme ça tu peux jouer le jeu sans chercher la vidéo par toi même


Dans un relent de la veille, entre deux aigreurs d'estomac et les poumons qui sifflent, j'avais envie d'écrire. Par défaut ? Car je n'ai rien à faire ? ... En fait... je n'ai même pas envie de chercher quelles sont les raisons qui m'ont poussé à écrire ce soir... J'écris comme je l'ai toujours fait, sans relecture, avec les doigts qui glissent sur les touches de mon clavier d'ordinateur, avec une chanson en fond sonore qui passe en boucle le temps de la rédaction.

J'aime bien les avions, et ce depuis très longtemps ! Lorsque je vois un avion dans le ciel, je me demande tout le temps quel passager se trouve à la place 27A, ce qu'il fait dans la vie, pourquoi il voyage, pourquoi à cette heure-ci, j'essaye de m'imaginer la famille proche et lointaine qu'il a. Pourquoi le siège 27A ? Je n'en sais strictement rien, mais, à l'instar des gens atteints de synesthésie, j'ai toujours cette association dans la tête "la vision d'un avion qui vole" -> "le passager présent en son sein à la place 27A".
Je trouve qu'il règne dans les aéroports une sorte de magie inexplicable. On y croise toutes sortes de gens; voyageant seuls ou accompagnés, avec des valises plus ou moins chargées, plus ou moins pressés. Il y a les gens qui fument, ceux qui se perdent dans la lecture du tableau d'affichage, ceux qui râlent, ceux qui partent en vacances, ceux qui sont en voyage d'affaires. On a affaire à un panel de personnes qui ont chacune une histoire personnelle et différente des autres, mais qui, la durée d'un vol, va partager un convoi, ainsi qu'un moment de sa vie avec de parfaits inconnus dans un même but : se rendre d'un aéroport A à l'aéroport B.
Il y a aussi un certain chic qui émane de ces aéroports qui me plaît bien. D'ailleurs, je me suis longtemps demandé si je n'aimerais pas faire steward. Seulement, c'est un choix d'un rythme de vie, qui dicte certaines incompatibilités avec ce que je me fait comme vision de ma vie. Cela dit, tu m'imagines lecteur ? Avec un costard taillé à la perfection, une cravate, une insigne affichant mon prénom, en train d'expliquer des consignes de sécurité au décollage de l'aéroport de Stockholm ? Sacrée tableau quand même ! Haut en couleurs même !

Tiens... les couleurs... le noir est-il un couleur ? L'homme est persuadé que n'existe que ce qu'il voit, sent, touche ou entend ... quelle arrogance ! On pourrait parler des infrarouges par exemple, ou bien des ultrasons. Pourquoi alors n'existerait-il pas des choses hors de notre champs de sensation ?
Parlant de noir tiens ...

On m'a fait remarquer, il y a quelques mois de cela, que les articles dans ce blog et ce que j'écrivais en général, étaient sombres, dépressifs -pour reprendre les mots exacts-. Cette réflexion laissa pénétrer en moi d'abord un sentiment d'offense, car pour moi cette vision de mon blog était dissonante avec celle que j'avais lors des rédactions des différents articles; puis ensuite ce fut une fenêtre ouverte à l'introspection. Étais-je vraiment si pessimiste, si sombre dans mes propos, si négatif, si déprimé ? Fut-ce seulement une phase transitoire de mon développement personnel, psychique, social et sociétal ?
Cette personne m'a ensuite dit que j'avais bien choisi mon colocataire car nous faisions une bonne équipe de déprimés. Déprimé ou désabusé ? Résigné ou suffocant d'une ère qui avance trop rapidement pour moi ? Suis-je vraiment cette personne ? Est-ce une image que je renvoie ? Si c'était le cas, elle serait en grande contradiction avec celle que je voudrais véhiculer, avec celui que je voudrais réfléchir.

Il est vrai, je le concède, que j'écris souvent quand je vais mal. Une façon cathartique de faire le point avec ce qu'il se trame à l'instant même dans ma tête, de pouvoir mettre à plat mes tourments ou autres. J'ai beaucoup de mal et peu d'envie à écrire des trivialités sur telle ou telle chose; par exemple, bien qu'ayant énormément aimé le film Vice Versa, je serais incapable (ou peut-être que je n'en ai tout simplement pas envie) d'en faire un résumé, une critique ou d'écrire à ce sujet. J'ai peut-être simplement envie ou besoin de parler de moi...
On pourrait penser à un trip égocentrique digne d'un mégalomaniaque narcissique de sortir une phrase comme ça, mais je ne pense pas qu'il faille voir négativement le besoin de parler de soi, de ses émotions, de ses ressentis.

Cela étant dit, je me considère comme handicapé à ce stade là, ayant des problèmes d'élocution sentimentale. J'ai grandi et vécu pensant que montrer ses émotions (qu'elles soient positives ou négatives) relève de la faiblesse. Ne pas laisser transparaître la douleur, ne pas pleurer, ne pas faire preuve de faiblesse en se laissant aller à aimer pleinement. Tout cela me paraissait (me paraît ?) comme une offrande, à l'interlocuteur, d'une clef permettant l'accès au tréfonds de mon être et de mon âme afin de pouvoir me blesser. J'ai ainsi, pendant de nombreuses années, érigé un mur, renforcé une carapace, mis en place des défenses, fabriqué un masque, afin de protéger tout ce que je suis, comme si cela était le plus précieux des diamants. Au final, vu que je ne crois pas aux possessions matérielles, ni au bien-être à travers quelconque aspect pécunier, je suis tout ce que j'ai.

Seulement ces mécanismes défensifs que j'ai minutieusement élaborés, sont venus entraver mon appréciation de la vie. Comment aimer (au sens large du terme), en vivant la peur au ventre que quelqu'un puisse vous nuire ?

Ce qui peut s'avérer compliqué à combiner avec le besoin d'appartenir pour exister. Je ne me sens pas intégré, comme faisant parti intégrante, d'un système de personnes (groupe, bande, communauté). J'ai besoin de savoir que j'existe. J'ai souvent l'impression d'errer.
Étant petit j'ai dû beaucoup déménager; si bien que dans une conversation anodine, quand on me demande d'où je viens, je me trouve dans l'incapacité de répondre. Cela fait peu de temps que je considère la ville rose comme étant "chez moi". Pourtant je n'arrive pas à me sentir comme appartenant à la communauté toulousaine. Chez moi, c'est nulle part. J'existe au travers des gens que je croise dans ma vie. Pourtant j'aimerais plus que tout exister pour moi-même. Apprendre à m'aimer, positiver, faire parti d'un groupe, ne pas me sentir seul contre tous et souvent rejeté.

J'avais besoin d'écrire tout ça, comme si je hurlais silencieusement ma plus grosse plaie intérieure à qui veut bien l'entendre. Maintenant que cela est fait, j'ai l'impression de te donner une des clefs de mon être. Ça me fait peur, mais je veux bien tenter l'expérience...

Ce billet est-il le suicide de mon égo narcissique ? Qui suis-je ?

vendredi 12 juin 2015

Le bruit du silence, une utopie pour ceux qui ont des acouphènes

      Le percolateur et le café qui coule, la pluie qui tombe, une cannette qui s'ouvre, une cigarette qui se consume à 3h du matin. Il y a tout plein de bruits avec lesquels nous sommes en contact quotidiennement, et je dois avouer qu'il y en a certains qui ne me laissent pas indifférents, qui provoquent en moi une sensation agréable. Je ne prends presque jamais le temps de me poser dans une journée afin d'écouter les bruits qui m'entourent, et je pense avoir sacrément tort. Si l'on se permettait d'êtres réceptifs à notre entourage, notre environnement, ne serait-ce qu'un court instant afin d'écouter ce qui nous entoure; on arriverait à se détacher de notre routine égocentrée afin de prendre conscience de ce qui fait parti de ce moment unique que l'on vit.

Alors je vous / me rassure de suite; je ne suis pas en plein "trip solaire" et je ne reviens pas d'une réunion secrète de beatnicks.



Mais il n'empêche que je te demande à toi lecteur, là maintenant, de penser à un bruit que tu aimes bien et de réfléchir à quoi ça te fait penser.


"Le bruit de la sérénité, en image" - Irlande, Décembre 2014















Je me suis posé la question l'autre jour : "comment est-ce que j'arriverais à décrire les bruits quotidien à un sourd ?"
C'est vrai que à première vue il est impossible de faire dans l'objectif puisque l'on rattache toujours un vécu émotionnel ou une représentation qui nous est propre à un bruit. Par exemple, si je dois reprendre les bruits dont je me suis servi pour mon ouverture (et ils ne sont pas anodins puisqu'ils font partis de mes préférés), voici leur signification pour moi :

- La pluie qui tombe -
Qu'elle soit forte, diluvienne, continue, saccadée, lourde, légère, la pluie m'a toujours fait penser des moments tristes. Je l'associe bien trop souvent aux larmes qui coulent, parfois retenues, parfois honteuses, parfois assumées publiquement. Je me suis toujours demandé par qu'elle onomatopée les gens décrivaient la pluie... est-elle "plic ploc" ? Est-elle un "pschhhhhhhhh" ?
Si je devais décrire la pluie à un sourd, je lui dirai (ah ben non, il entend pas c'est vrai - bon ben je lui écrirai) ceci : "Tu vois mon ami, la pluie c'est similaire à des larmes qui coulent. Parfois une bonne pluie fait du bien et permet de laver le monde, parfois la pluie dure trop longtemps et les gens se noient dedans. Quand tu pleure et que tu es dans un abris, tu es bien heureux; mais tu ne rigole pas du malheureux qui pleure devant une foule hors de son endroit de réconfort. La pluie s'écoute selon l'humeur, selon la compagnie. Quand tu entends la pluie un dimanche après-midi d'hiver, elle a un goût de thé et de couverture. Quand tu entends la pluie un soir d'été, elle a une odeur de poussière particulière qui t'annonce la fraîcheur à venir du lendemain. Tu vois la pluie, elle tombe de façons aussi différentes que les sons qu'elle fait."


- Un cigarette qui se consume -
Je fait souvent l'analogie que plus la cigarette que je fume se consume, plus ma vie se consomme. Elle s'amenuise au fil du temps et qu'à la fin seul un tas de cendres restera et s'envoleront en fumée des souvenirs témoins du temps passé à exister.
Ce qui me plaît par dessus tout, c'est ce fameux 3h du matin (voire 3h30) où les bars sont fermés, les gens ivres sont rentrés chez eux, où les travailleurs de nuit sont déjà au travail et où les travailleurs de jour ne se lèveront pas avant quelques heures. Cette heure où la vie de la ville se met sur pause dans un calme que seules quelques voitures roulant à toute allure viendraient trahir. C'est uniquement dans ce calme là que l'on peut entendre un bruit tellement rare en ville; le crépitement du papier à tabac qui se consume à chaque bouffée de nicotine. L'instant est tellement calme, qu'on a le luxe d'entendre ce qui de jour serait quasi impossible. Et alors, pendu à la rambarde de mon balcon, je regard au loin les cheminements des lumières. Lampadaires qui forment des serpents lumineux le long des routes; des pièces allumées dans des appartements où les gens ne trouvent peut-être pas le sommeil ou s'adonnent à des plaisirs intimes; des avions qui viennent se confondre avec les étoiles emmenant peut-être les passagers vers des fuseaux horaires différents.
Tout cela sur un crépitement d'incandescence.


- Le percolateur et le café qui coule -
Aaah le café ! Le fameux qahweh (oui ça s'écrit comme ça le terme "kawa") qui tonifie le corps et l'esprit ! Cette boisson miracle bue par de nombreuses personnes au petit déjeuner, lors de pauses syndicales (appelées aussi "pauses café" ... ah ben oui forcément ...), lors d'un premier rendez-vous, pour tenir le coup sur la route pendant un long trajet, lors de révisions de partiels pour les étudiants...
Ce bruit, c'est un peu mon second réveil. Un peu comme si le réveil habituel que j'ai, avec sa sonnerie qui devient de plus en plus insupportable, ne servait qu'à tirer mon corps hors du lit et que le réveil mental se faisait devant la cafetière. Planté là, pieds nus sur le carrelage, à attendre que le café coule en combinaison caleçon - t-shirt ou bien jogging molletonné. Un conditionnement un peu pavlovien comme si, à l'entente du bruit si distinct du café coulant dans le percolateur, les connexions neuronales se ré-activaient et que les autoroutes des informations cérébrales étaient de nouveaux opérationnelles. J'attends alors devant, prenant racine, que le café ait fini de couler et que le bruit m'ait enfin tiré des bras possessifs de Morphée, pour commencer ma journée. C'est un bruit doux et parfumé qui s'accompagne fort souvent du bruit d'une cuillère qui se cogne aux parois d'une tasse.


- Une cannette qui s'ouvre -
Que l'on soit clairs. Une cannette peut contenir tout type de boissons et pas forcément une cannette de bière. Comment ça ? Oui bon ok, je pensais à une cannette de bière. Mais pas n'importe laquelle. Pour moi ce "pschhht clac" rime avec été, soleil, amis, détente. C'est cette cannette que l'on boit dans une convivialité estivale où l'on sait que le moment qui se déroule est plaisant. Je ne parle pas d'une cannette de 8°6 bavaria à l’absinthe qui sert à décaper un meuble ciré, non ! C'est cette cannette agréable à boire, qui s'accompagne de rires en fond sonore. Presque comme si on entendait le morceaux Africa de Toto pendant que des brochettes poivrons - tomates - oignons rôtissent sur une grille de barbecue.

C'est quand même génialement fou la façon dont un simple bruit appelle des sensations comme telles, des moments vécus, des odeurs, des goûts. Mais le plus merveilleux là dedans c'est que, pour un même bruit, chacun va avoir une réaction et des images mentales différentes.
C'est peut-être ça aussi la vie; se construire avec ses propres références, observer le monde avec des yeux qui n'ont pas vu les mêmes choses que les autres, marcher dans ses propres chaussures, s'en rendre compte et se dire que tout ça, toutes ces représentations, cette vision du monde, tout cela nous appartient et que c'est unique.


"Une palette de calme pour un monde en couleurs" - Irlande, Décembre 2014